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La question sociale & Au clair de lune
Jean Jaurès


En janvier 1887, Jean Jaurès, jeune député de 28 ans, publie son premier article dans la Dépêche de Toulouse. Ainsi débutera une collaboration d'une vingtaine d'années, riche de plus de 1300 articles dans lesquels germent puis s'affirment de grandes convictions humanistes. Originaire du Tarn, il fait ses premières armes de journaliste dans la presse régionale.
Par sa passion, son style incisif, une prose acérée et d'extraordinaires capacités à convaincre les lecteurs, Jaurès restera lié au journalisme jusqu'à sa mort.
Son implication dans l'ensemble des questions politiques, dans les différentes luttes sociales et son profond désir de justice bénéficieront d'une tribune, précieuse façon de diffuser de puissants concepts politiques et sociaux dans une IIIe République jeune et peu encline à intégrer l'influence socialiste. Au fil des lignes et des feuillets, on assiste à l'éclosion d'un nouvel idéal républicain, à la naissance d'une nouvelle question sociale ; un élan vers le pacifisme et une force démocratique habitent un verbe conjugué parfois avec poésie, entremêlé de référence à la nature, ou encore chargé d'une sourde rage.
Il y a chez Jaurès l'impossibilité de taire les choses, les affres de ses contemporains orneront des pages entières de journaux. Citant Socrate, il dira "la joie et la douleur sont deux soeurs jumelles", il écrira alors sur la beauté, la douleur puis la laideur. Le XXe siècle naissant connaîtra un désir similaire chez Jaurès, exprimer toujours les maux d'une société malade, une société où l'autre devient sujet d'exploitation.
Orateur de talent, homme reconnu et respecté de tous, Jean Jaurès fonde, en avril 1904, le journal L'Humanité. Ce nouveau quotidien est pensé comme l'instrument d'unification du mouvement socialiste français, l'influence révolutionnaire participe ensuite à l'idée générale du journal, la lutte contre le système capitaliste devient un axe essentiel du quotidien.
Dans le premier éditorial apparaît l'ampleur du projet. Le but recherché par son fondateur est de donner "à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événements du monde".

Le présent ouvrage propose deux textes parus dans La Dépêche autour des années 1890. Notre choix de publication répond à deux enjeux précis. D'une part, concernant La question sociale, un parallèle évident avec la période actuelle, et d'autre part la forme singulière choisie par Jaurès quant au second texte, Au clair de lune.
À la lecture de La question sociale, le lecteur constatera la similitude avec la période en cours, les maux sociaux décrits par l'auteur semblent être tirés d'un constat contemporain. Jean Jaur`s en appelle à l'équité et au bon sens, un principe de redistribution cohérente est à plusieurs reprises exprimé, le chômage est dit-il un des pires fléaux des sociétés actuelles. Les faits sont manifestes, la vive actualité de l'article imposait une publication. De plus, les différentes analyses de Jaurès sur la question du vote et de la problématique des partis, dans le contexte de la fin du XIXe siècle, sont remarquables.

Il y a une autre tyrannie qui est développée à outrance par le régime actuel de la propriété. C'est la tyrannie des partis. Je ne parle plus de la pression immédiate que les possédants exercent sur les salariés : je parle de cette sorte d'embrigadement brutal que subissent la plupart des hommes dans des partis qui ne sont bien souvent que des coalitions d'intérêts.

Au clair de Lune est un article publié en 1890. L'auteur propose une conversation autour du socialisme entre lui et un jeune polytechnicien, un échange passionné et passionnant dont on ignore la réalité. Que le dialogue ait existé ou non, il convient d'ores et déjà de mentionner les qualités littéraires du récit. À l'opposé d'un article de presse classique, ou d'un simple texte politique, Au clair de lune pourrait se lire comme une nouvelle. Texte dialogué de bout en bout, aux envolées lyriques assumées, ces quelques pages sont rares.

L'oeuvre et la pensée de Jaurès font plus que jamais l'objet de recherches. C'est à ce titre que la Société des Études Jaurésiennes a été fondée en 1959, dirigée entres autres par Madeleine Rebérioux et actuellement par Gilles Candar. Le but de l'association étant de contribuer à faire connaître la vie, l'oeuvre et la pensée de Jaurès, à saisir ses apports au socialisme, à la démocratie et à l'humanité, à comprendre son temps et le nôtre.

Le présent ouvrage n'aurait pu exister sans l'apport considérable de la Société des Études Jaurésiennes.




ISBN : 978-2918527367 / Prix: X euros / 118 pages pages / Parution octobre 2016

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