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Test

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De retour dans sa ville natale, le narrateur se retrouve avec son père et revoit l'usine, partout l'usine, et tout autour d'elle la peur des avenirs d'enfant et la culpabilité, la culpabilité d'un corps aimé qui est tombé, des corps esquintés qui l'entourent, mécaniques, les corps muets, la culpabilité aussi de ne pas avoir trouvé les mots, les mots qu'il fallait dire ou ne pas dire, et la colère de ne pas les entendre. Le frère du narrateur, son père, sont "machine", plante ; lui a fui, il ne sait plus ce qu'il est parmi eux, alors il reste silence.

Et rien qui ne sort des bouches - Guillaume Brandebourg

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Un homme fait le récit d'une prise d'otage. Il ne s'agit pas d'une banque. C'est une agence pour l'emploi. Un matin, armé d'une fausse arme, il entre dans l'agence et prend en otage ses employés, son directeur. Que veut-t-il ?
De l'argent ? Du travail ? Non. Il veut prendre la parole.
Haletante. L'écriture de Vincent Guédon est tenace. Une tirade percutante à la manière d'un coup de poing, un monologue qui tord et gifle pour mieux produire le son du cri, et fait entendre, au loin, le tapage des Hommes qui meurent de ne plus savoir qui être, quoi être, comment être...

Entre dramaturgie et fait divers, l'écrivain s'empare du réel, de l'accident de parcours et de la chute, et lentement, érige l'effondrement.

Vincent Guédon est né à Château-Gontier en Mayenne, et vit à Paris. Comédien, issu du Théâtre National de Bretagne, il travaille avec plusieurs metteurs en scène. Vincent Guédon collabore au journal L'Impossible, dirigé par Michel Butel. Ce qu'on attend de moi est son premier roman.



Ce qu'on attend de moi - Vincent Guédon

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Il y avait une route bien tracée devant lui. Rien ne semblait devoir altérer sa trajectoire. Et puis quelque chose est arrivé qui a tout changé. Une guêpe l'a piqué, et quand il s'est regardé dans le miroir il n'était déjà plus le même. Dans Le monde me quitte, l'incertain protagoniste Frank dit ce bouleversement, sa nouvelle existence. Il parle, il parle trop. C'est le récit qui parle. Frank rêvait de solitude et de silence, et le voilà maintenant affublé d'un compagnon tout aussi incertain. Il n'est plus seul. C'est sans doute qu'il avait besoin de quelqu'un pour faire ce qu'il s'était donné à faire : se retirer, peut-être, enfin, du monde.

Le monde me quitte - Vincent Guédon


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Espoir déchu du tennis hexagonal, Niland est au crépuscule de sa piètre carrière. Acariâtre, détestable, paranoïaque, dopé, macho, cultivant la mauvaise foi comme il multiplie les mauvais choix, Niland joue sa vie sur ce qui pourrait bien être son dernier match à Acapulco, au Mexique, dans un tournoi de seconde zone.
Peut-être parviendra-t-il à conjurer cet étrange attrait du raté, et à découvrir de quoi son désenchantement est le nom.
À l'heure de la France qui gagne et de la lassante glorification du vainqueur, ce court roman sonne comme un éloge du loser, un hommage à la France qui perd : un contre-pied à la culture de la gagne.

Battre Roger - Benjamin Limonet & Alexandre Labruffe

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A travers le personnage d'un enfant se dessinent les affres d'une séparation, un récit qui au fil des pages diffuse des effluves nauséabondes. Livré à lui-même, le gamin s'enterre dans une désaffection de sa propre personne, une haine de soi participant néanmoins à l'édification d'un être, à la découverte d'un monde.
Ce dernier roman de Michel Albertini questionne, dérange, puis finalement bouleverse. Il est indirectement question ici d'institutions, de parentalité et du rapport au monde. Avec, en filigrane, la question que Michel Albertini se pose constamment : Pourquoi ?
Extrait
" Le matin la préparation commençait tôt. Je m'enrobais d'abord de pommade anti-transpirante, me massais pour faire pénétrer la crème visqueuse qui se mêlait à la crasse et donnait à mon corps les couleurs de l'embaumement, puis j'entourais mes membres de bandes Velpeau, ainsi que les boxeurs le font à leurs mains avant le combat.
Il fallait être patient. Les bouts glissaient parfois avant que j'ai eu le temps de les nouer. Je tendais les bandes et les faisais tenir avec du sparadrap et des épingles à nourrice. Si ce n'était pas assez serré, elles se relâchaient et il fallait tout recommencer.
Parfois, voyant l'heure tourner, j'en pleurais de rage. Mais à la fin, le résultat était épatant.
Un torero. Une larve. Une chenille enfant. Entouré de mes bandes je me trouvais élégant, le blanc m'allait bien."


L'enfant sale - Michel Albertini