Détruire la misère est un discours marquant de Victor Hugo prononcé en juillet 1849 devant l’Assemblée nationale. Texte de combat où les mots employés par l’orateur inqui`tent les conservateurs présents à l’Assemblée. Interrompu par des huées et autres dénégations, Hugo provoque une grande colère en proposant un discours profondément humaniste, un discours fraternel et audacieux : » Je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère ».
En avril 1851, sous le conseil de l’économiste Blanqui, le député Victor Hugo visite les misérables caves de Lille. En plein débat sur la condition et le logement ouvrier à l’assemblée, Hugo sort de cette visite bouleversé et indigné. Dans Les caves de Lille, Hugo décrit la pénible condition des ouvriers du textile. Cette main d’oeuvre, faite de femmes et d’enfants, vit dans de sordides caves dépeintes avec précision tout au long du texte. Ce discours ne fut hélas jamais prononcé, du fait du coup d’état de décembre 1851. Il convient de noter le caractère véridique du récit en question. Différentes sources littéraires font effectivement état des caves de Lille.
Extrait
« Nous trouvâmes dans cette cave au pied de l’escalier une vieille femme et un tout jeune enfant. Cette cave était si basse qu’il n’y avait qu’un seul endroit où l’on pût s’y tenir debout, le milieu de la voûte. Des cordes sur lesquelles étaient étalés de vieux linges mouillés interceptaient l’air dans tous les sens. Au fond il y avait deux lits, c’est-ˆ-dire deux coffres en bois vermoulu contenant des paillasses dont la toile, jamais lavée, avait fini par prendre la couleur de la terre. Pas de draps, pas de couvertures. Je m’approchai d’un de ces lits, et j’y distinguai dans l’obscurité un ˆtre vivant. C’était une petite fille d’environ six ans qui gisait là, malade de la rougeole, toute tremblante de fièvre, presque nue, à peine couverte d’un vieux haillon de laine. »
ISBN : 978-2-91-852720-6 / Prix: 6 euros / 58 pages / Parution le 19 septembre 2013
